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Lundi 29 Novembre 2010
Analyses
Cancun, un coup pour rien ?Par Mili Spahic à Cancun
Le temps de l’action et des décisions !
C’est aujourd’hui, sous un grand soleil et quelque 30°C que s’ouvre la Conférence Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (UNFCCC) à Cancun, au Mexique. Quelque 190 délégations nationales et des milliers d’observateurs et de représentants des ONG se réunissent sur les bords de la Caraïbe pour trouver un accord global pour lutter efficacement contre les changements climatiques. Et le moins qu’on puisse dire c’est que l’enthousiasme n’est pas de rigueur et les perspectives des plus pessimistes. Il y a tout juste un an, tout ce petit monde se réunissait à Copenhague. Les attentes étaient immenses. Après 15 jours de débats et de négociations, la déception était de mise. Tout ça pour ça ! Pourtant les enjeux sont colossaux. L’augmentation globale des températures – nous assistons à la période la plus chaude depuis 800 000 ans - provoque aussi bien des sécheresses, qu’une augmentation des niveaux d’eaux dans les océans (à peu près 3mm/ an). Le principal coupable identifié reste le CO2. Et les taux que nous rejetons, produit notamment de la combustion de fossiles et de notre consommation de pétrole, et malgré les politiques mises en place, restent des plus alarmants. Selon un document tout récemment publié par l’Agence internationale pour l’Energie (IEA), si les Etats signataires de l’accord non contraignant de Copenhague respectent leurs engagements, notre planète se réchaufferait de 3,5°C d’ici 2100. A titre de comparaison, entre l’âge de glace et le début du 18e siècle, la température globale a augmenté de 6°C. Les scientifiques exposent plusieurs scénarios : dans le meilleur des cas, une augmentation de 2°C, et si rien n’est fait, de 4 à 6°C. Si nous voulons nous en tenir à l’engagement pris de limiter la hausse des températures à 2°C, nous devons dès aujourd’hui entamer des politiques de décarbonisation ambitieuses [1] : 2,8% par an de carbone émis en moins. A titre de comparaison là aussi, le plus haut taux jusqu’à présent mesurer se situe à 2,5% et c’était pendant le premier choc pétrolier. Autant dire que nous devons dès aujourd’hui apprendre à vivre avec le changement climatique, et que nous devons nous préparer à faire face à ses conséquences Dans cette course à la préservation de la vie (dans son sens large), les pays les plus pauvres sont et seront malheureusement, encore une fois, les premiers et les plus touchés. Les cyclones seront moins nombreux mais beaucoup plus dévastateurs, la biodiversité marine et terrestre est en grand danger et par un effet de ricochet, elle perturbe toute une chaîne alimentaire. Les migrations – dues au climat, sécheresse ou inondations, seront légions et les luttes s’organiseront pour savoir qui pourra habiter et cultiver des terres pas encore totalement touchées. Et pour s’adapter à ces changements, mieux vaut être riche et habiter un pays économiquement solide. Car même si cela ne prévient pas de tous les maux, cela vous permet de mieux anticiper (par des relais d’informations et des services de prévention) mais aussi de mieux faire face, une fois le risque subit. Mais toutes ces politiques ont un coût et c’est bien sur la question des financements que se heurte au final les négociations internationales. Car les transformations majeures au devant desquelles nous allons nécessitent de penser et d’imaginer un nouveau modèle de développement social, économique et démographique. Mili Spahic est doctorant de science politique (UMR CNRS Triangle), et chargé de recherche associé au Conseil des Communes et Régions d’Europe à Bruxelles, et participe à la conférence de Cancun. [1] Mesurer en taux de décarbonisation : part de carbone non emis/PIB)
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