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Dimanche 15 Novembre 2009
Analyses
Elections locales au KosovoPremier test démocratique sous haute surveillanceAujourd'hui, dimanche 15 novembre le Kosovo connait ses premières élections pleinement organisées par ses propres autorités. Moins de deux ans après sa proclamation d'indépendance, les élections locales se présentent comme un test important tant du point de vue de la capacité à organiser des élections en toute transparence et de manière sûre, mais aussi du point de vue de la participation de la minorité serbe, sujette aux pressions de Belgrade en faveur d'un boycott.Par Adrian Pantev
Ce dimanche, 74 groupes politiques, dont 37 partis, 19 initiatives citoyennes, 16 candidats indépendants et 2 coalitions participent à la course électorale pour le contrôle des 36 communes du Kosovo. L'abstention est un des enjeux de ce scrutin. Si les kosovars se sont massivement déplacés en 2001 pour les premières élections après la guerre, le taux de participation n'a eu de cesse de baisser depuis, avec un record en novembre 2007 avec 40,1% de votants. Cet enjeu se divise en deux enjeux distincts : la participation des albanais kosovars et de la minorité serbe.
La décentralisation du pays est un des objectifs majeurs au Kosovo. Cela a résulté en la création de communes serbes. La participation des serbes à ce scrutin dénigré par les autorités à Belgrade sera donc observée attentivement. Le taux de participation sera certainement bien plus élevé qu'aux dernières élections, tant le taux de l'époque avait été faible, mais il s'agira de voir comment les populations ont réagi dans le nord du pays et dans les enclaves qui ont bénéficié de la décentralisation. Les derniers sondages montraient que 28% des serbes avaient l'intention de se déplacer, toutefois ce résultat n'est le reflet que de la volonté des serbes des enclaves de voter, concernant les serbes du nord, le taux de participation devrait ne pas dépasser les 7-8%. Comme l'indique BIRN (1), de forts soupçons de fraude existent, notamment dirigés vers plusieurs entreprises chargées de la fabrication et du transport des bulletins de vote, mais aussi sur l'appel d'offre lié à ce marché public. Plus de cent observateurs internationaux sont aujourd'hui sur le terrain afin de superviser ces élections, et sont déployés sous l'égide d'ENEMO (Réseau européen des associations de contrôle des élections). Peter Feith, représentant spécial de l'UE a déclaré aux observateurs que leur « présence dans les bureaux de vote est une protection et un garde-fou contre les fraudes éventuelles. Je vous demande d’être particulièrement attentifs à ce qui va se passer pour le transport des bulletins de vote une fois qu’ils auront été comptés et les urnes transportées dans les centres de dépouillement, lorsque le scrutin sera clos. Nous devons nous assurer que ces élections respectent les normes internationales. » Quelque 21.000 observateurs, issus des partis politiques, de la société civile et d’organisations internationales (non)gouvernementales sont mobilisés pour suivre le scrutin et les premiers échos sont attendus dès lundi. Les résultats et les enseignements à tirer de ce scrutin seront disponibles sur notre site. Rémi Praud (1) Balkan Investigative Reporting Network
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