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Lundi 2 Novembre 2009

Analyses

En Europe, des identités nationales complexes

Par Adrian Pantev


En Europe, des identités nationales complexes
Alors que, en France, le débat s'invite sur l'identité nationale, le Journal La Croix revient sur cette question identitaire dans différents pays européens. Un débât qu'il serait sans doute pertinent d'avoir à l'échelle européenne. Le drapeau européen, l'hymne ne figurent plus dans la nouvelle mouture du traité de Lisbonne. Est-ce si grave? On peut en tout cas se poser la question.
Génération 112 souligne que l'identité est quelque chose de non figée et que aujourd'hui, les questions de drapeaux, d'hymnes ne sont plus forcément les instruments pertinents pour le sentiment d'appartenir à des valeurs communes.
Erwan Quinio




La question de l’identité nationale est centrale – et compliquée – dans de nombreux pays européens. Tour d’horizon en Pologne, Espagne, Grande-Bretagne et Allemagne


Une identité polonaise au-delà des frontières

« La Pologne n’a pas encore disparu, tant que nous vivons », dit l’hymne national polonais. Une manière de résumer ce qui fait le socle du pays, rayé de la carte européenne pendant 123 ans, et qui, après avoir retrouvé son indépendance en 1918, a subi l’occupation de deux dictatures au XXe siècle : l’identité polonaise n’est pas tant délimitée par des frontières que par le sentiment d’appartenance à un peuple – et pour la grande majorité d’entre eux, une religion, le catholicisme – souvent opprimé au cours de son histoire.

Les frontières ont maintes fois changé au fil des siècles, subissant encore en 1945 un important déplacement vers l’Ouest. De nombreux Polonais sont revenus des territoires de l’Est passés dans le giron de l’URSS, et aujourd’hui encore, d’importantes communautés polonaises vivent en Lituanie, en Ukraine et en Biélorussie.

Traditionnellement terre d’émigration plutôt que d’immigration, la Pologne est marquée par une importante diaspora, notamment aux États-Unis, où Chicago passe pour la deuxième ville polonaise du monde après Varsovie…

Ces Polonais de l’étranger, que l’on appelle la « Polonia », partagent la même identité que les autres, et ont, à certaines périodes, pu affirmer leur culture. Un exemple : la revue littéraire Kultura, née en France après la Seconde Guerre mondiale. Elle a publié quantité de textes qui ne pouvaient paraître dans la Pologne communiste.
Le drapeau espagnol ne flotte pas partout

La question de l’identité nationale est un sujet qui fait friction en Espagne. Ce thème récurrent dans l’actualité politique s’explique en partie par l’histoire et l’organisation politique. Les régions possèdent plus de pouvoirs qu’en France, elles ont leur parlement et un mini-gouvernement et gèrent une grande partie des compétences de l’État national. Outre le bipartisme gauche-droite, il existe de nombreux autres partis, notamment nationalistes et indépendantistes. Certains sont essentiels pour la stabilité parlementaire nationale.

C’est en Catalogne et au Pays basque que les sentiments nationalistes et indépendantistes sont les plus forts. L’identité nationale espagnole y est beaucoup plus diffuse. Certains diront se sentir basques ou catalans avant tout, d’autres espagnols ou encore les deux à la fois.

Le symbole le plus évident de l’identité nationale, le drapeau espagnol, n’est pas forcément présent dans toutes les mairies, perçu comme faisant référence à la dictature franquiste. Lorsque l’ex-président du gouvernement José Maria Aznar (de droite) avait choisi d’installer un énorme drapeau espagnol sur une des places de Madrid, les protestations avaient été multiples.

Lire la suite sur le site:

http://www.la-croix.com/En-Europe-des-identites-nationales-complexes/article/2399711/25692

Amélie POINSSOT (à Varsovie), Valérie DEMON (à Madrid), François DOUX (à Londres) et Michel VERRIER (à Berlin)




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