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Lundi 30 Janvier 2012
Edito
Haro sur le projet de nouveau traité européen !Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne (UE) se réunissent aujourd'hui à Bruxelles pour un nouveau Conseil européen. Au menu : le projet de nouveau traité, résultat d'un engagement pris en décembre dernier par la chancelière Allemande, A. Merkel, et le président français, N. Sarkozy, rejoints par tous les Etats membres à l'exception du Royaume-Uni. Un projet de traité - qu'il faut d'ailleurs appeler accord inter gouvernemental - toujours en cours de négociation mais qui suscite de plus en plus d'oppositions: après le Parlement européen - qui a voté une résolution très critique la semaine dernière à Strasbourg- ce sont les syndicats européens qui ont lancé un appel à une journée d'action européenne le 29 février prochain, veille de la signature de l'accord.Par Anne-Sophie Michel
Dans leur résolution politique les députés européens ont exprimé leurs doutes quant à la nécessité d'un tel accord. Sur le fond comme sur la forme, les critiques sont acerbes contre les dirigeants européens: les eurodéputés dénoncent le revirement de certains chefs d'Etat qui, après avoir vivement combattu le renforcement des sanctions, défendent aujourd'hui les mêmes propositions dans le cadre du nouveau traité...propositions pourtant déjà actées dans le droit, puisque faisant partie du paquet gouvernance économique, adopté en septembre dernier par le législateur européen. Ce qui fait dire à de nombreux députés, comme D. Cohn Bendit, que le traité est inutile et qu'il est tout à fait possible de prendre des mesures dans le cadre du droit existant.
Les critiques portent aussi sur l'accent donné à l'austérité: dans leur résolution, les députés appellent à une "Union tant de la stabilité que de la croissance durable". Enfin, sur la forme, les eurodéputés sont très remontés car le Parlement est largement ignoré dans le processus de négociation...ses dernières propositions n'ont pas été retenues et il n'y a pas de véritable débat ouvert pour élaborer ce projet de traité: qu'en est-il alors de la légitimité démocratique ? C'est une question que posent aussi les syndicats européens, qui ont appelé à un mouvement d'action pour protester contre un projet de traité qui enfermerait l'Europe dans l'austérité, tout en n'étant pas issu d'un processus démocratique. Une fois n'est pas coutume, les syndicats trouvent un soutien assez inattendu du côté des agences de notation! Dans son rapport rédigé à la suite à la dégradation des notes de plusieurs pays européens mi janvier, Standards & Poors met en garde contre une révision des traités qui serait uniquement fondée sur le pilier austérité. Selon l'agence, une telle politique serait autodestructrice à terme du fait d'une baisse de la demande intérieure. S&P dénonce le manque de vision des dirigeants politiques et l'accent sur l'austérité au détriment d'un programme fort et ambitieux pour renforcer la croissance des pays de l'Eurozone. S'ils parviennent à se réunir aujourd'hui malgré la neige et la grève générale en Belgique (pour protester là encore contre l'austérité), les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE doivent entendre les critiques: ils sont attendus par tous les acteurs et citoyens européens.
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