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Mardi 24 Janvier 2012
Analyses
Hongrie: à Budapest comme à Bruxelles ou à Strasbourg le débat ne faiblit pasLa Hongrie est régulièrement et depuis de nombreux mois sous le feu nourri des critiques. Une nouvelle constitution restrictive, des libertés de la presse et de culte mises à mal, une banque centrale et une justice aux ordres, ou encore un pouvoir de nomination confisqué par le parti au pouvoir le Fidesz et son leader Viktor Orban, à la tête du pays depuis mai 2010.Par Anne-Sophie Michel
Viktor Orban au Parlement européen le 18 janvier 2012 © Parlement européen, Unité audiovisuelle - 2012
Il y a quelques mois encore, la Hongrie présidait l'Union européenne (UE). Mercredi dernier, c'est derrière le représentant danois que Viktor Orban s'est exprimé pour répondre aux critiques dont son gouvernement fait l'objet depuis plus d'un mois.
Au cœur des préoccupations d'un certain nombre d'observateurs, de députés et de citoyens hongrois, la nouvelle constitution, entrée en vigueur le 1er janvier dernier. Lors de son discours, le président de l'ADLE, Guy Verhofstadt a exhibé un document d'une quinzaine de pages présentant point par point les questions problématiques à ses yeux, au regard, non seulement du droit européen, mais de manière plus fondamentale des valeurs fondatrices de l'UE. LA HONGRIE MISE EN DEMEURE Parmi ces questions, la Commission européenne en a déjà retenu trois : par l'envoi de trois lettres de mise en demeure elle a en effet démarré une procédure d'infraction contre la Hongrie, première étape avant une éventuelle saisine de la cour de justice européenne pour non respect du droit européen. Il revient désormais à Viktor Orban de prendre les mesures nécessaires pour répondre aux inquiétudes sur l'indépendance de la banque centrale hongroise, des juges ou encore de l'organisme de protection des données. Signe de l'empressement de la Commission européenne: le délai de réponse a été raccourci ; normalement il est de deux mois, mais pour le cas hongrois, ce ne sera qu'un mois, voire 15 jours ! La Commission s'est réveillée, M. Barroso allant jusqu'à dire devant Viktor Orban et le Parlement européen que les questions en jeu pouvaient dépasser le droit et appelant le gouvernement hongrois à respecter la qualité de la démocratie alors que jusqu'à présent la Commission s'était concentrée sur les aspects économiques des mesures hongroises. Pour certains, ce tournant politique est bien tardif tandis que pour d'autres il ne va pas assez loin. Il n'en reste pas moins que cela faisait bien longtemps qu'un tel débat politique sur un Etat membre de l'UE n'avait pas eu lieu. Au cœur du débat dans l'UE, la Hongrie l'est aussi et surtout chez elle: ce week-end les manifestations rassemblant des milliers de personnes se sont succédées : samedi, pour soutenir le gouvernement en place, dimanche pour défendre la dernière radio d'opposition, Klub radio, menacée de fermeture. Dans un article précédent, nous évoquions le décalage entre l'aspiration à la démocratie dans les pays de la rive sud de la méditerranée et l'essoufflement de la démocratie dans les pays dits du nord: le cas hongrois nous montre que la vigilance doit rester de mise. S'il est un point positif, c'est dans la création d'un débat, portant non seulement sur le respect du droit mais aussi les valeurs fondatrices de l'UE : un tel débat pourrait s'avérer salutaire dans la période de crise identitaire que nous connaissons. Reste à voir si la Hongrie peut être le "déclencheur d'un nouveau civisme européen "[1] ? [1] Expression employée par P.Gradvohl dans un article du monde du 13 janvier 2012
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