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Mercredi 21 Septembre 2011
Opinions
Les institutions européennes : plus de transparence sans responsabilisation ?Alors que les leaders politiques européens s’efforcent de trouver les moyens de sortir les citoyens européens de la crise économique en cours, il apparait que l’une des solutions repose sur plus d’Europe, c'est-à-dire une plus grande intégration politique et économique. Par ailleurs, un nombre croissant de politiciens hauts-placés utilisent des expressions du type « Etats-Unis d’Europe » ou encore « gouvernance européenne » comme des voies à suivre à terme.Par Doru Frantescu
Nous sommes loin d’avoir une idée claire sur la manière dont cette unification fonctionnera concrètement, et à quel degré cette prochaine construction sera basée sur l’inter-étatisme. Il y a fort à parier en revanche que les institutions supranationales actuelles, tels que la Commission et le Parlement, joueront un rôle important étant donné qu’elles ont déjà été établies comme les institutions européennes légitimes.
C’est précisément pour cette raison que les débats sur la transparence et la responsabilisation des institutions européennes sont plus que jamais nécessaires. Mais comment les institutions peuvent gagner en pouvoir face aux gouvernements si les citoyens comprennent à peine la manière dont elles fonctionnent et ne savent pas sur quoi elles se préparent à travailler ? Le déficit démocratique des institutions européennes est largement connu, d’autant que le processus de décisions est si compliqué qu’il est difficile à comprendre non seulement pour les citoyens mais même pour des professionnels expérimentés basés à Bruxelles. La Commission européenne et le Parlement ont tenté pendant de nombreuses années de compenser ce déficit par des campagnes d’information. Cependant la nécessité bureaucratique qui impose de toujours communiquer de manière politiquement correcte et consensuelle rend l’information trop indigeste pour être intéressante pour un citoyen. Le résultat est d’ailleurs sans appel, le taux de participation aux élections européennes ne cesse de diminuer. L’UE a besoin davantage de débats authentiques, avec des politiciens discutant de sujets à l’agenda de l’UE au moment où ils sont en plein processus législatif. Au même titre que dans les débats politiques nationaux, les différentes positions politiques et les propositions alternatives au statu-quo doivent être connue de tous au moment du processus législatif. Mais ce ne sont pas les seuls politiciens qui vont engager le débat sur l’Europe. Il faut qu’ils soient poussés à le faire ou bien qu’ils trouvent un véritable intérêt à débattre. La société civile et les médias sont ainsi les mieux placés pour inciter les politiciens à communiquer sur les politiques européennes dans leur pays respectif en mettant à la disposition des citoyens de l’information sur les activités de ceux qui nous représentent à Bruxelles. Il doit leur être demandé d’expliquer et de justifier en quoi leurs actions politiques correspondent aux besoins de leur électorat. Ce n’est que lorsque le soutien politique accordé aux eurodéputés reposera davantage sur leurs performances à Bruxelles et Strasbourg et moins sur les performances nationales de leur parti politique qu’on pourra parler d’une démocratie supranationale à part entière. Bien évidemment on peut dire que ce n’est pas une chose aisée à faire. Mais il s’agit certainement d’une réalisation nécessaire si les européens ont envie d’unifier leurs destins pour faire face aux enjeux posés par les actuels développements internationaux. Doru Frantescu est directeur politique à Votewatch .eu, une organisation de contrôle des politiques européennes, basée à Bruxelles. Cet article reflète l’opinion personnelle de Doru Frantescu et ne représente pas nécessairement les positions de VoteWatch.eu Crédits photo (c) European Parliament
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