Connectez-vous S'inscrire

Jeudi 18 Mars 2010

Analyses

Les jeunes, l'emploi et l'apprentissage!

Par Erwan Quinio


Les jeunes, l'emploi et l'apprentissage!
Compte rendu de l'audition publique:

Commission EMPL
17 mars 2010 - Bruxelles
La séance est ouverte à 15h

1. L’ordre du jour est adopté

2. Communication de la présidence
Pas de communications de la Présidence, ce jour
- Sur la tribune de la Présidente, un masque blanc de l’association Génération Précaire -
Présentation des intervenants extérieurs par Madame Pervenche Berès:

Dr Giogio Brunello : Département d'économie - Université de Padova

Dr Thomas Zwick : Maximilians University, Munich

Dr Christoph Meng, Centre de recherche pour l’éducation - Université de Masstricht

Interventions de MEPs :
PPE - IT : Félicite la rapporteur pour son rapport. Il appuie le rapport en tant que shadow PPE.
Mais s’interpelle sur la proposition d’augmentation du FSE. Il propose non pas l’augmenter, mais de l’utiliser différemment.
Il pense que les jeunes qui quittent l’école sans diplômes, doivent pouvoir s’appuyer sur un FSE ?
Il aborde la question de l’indépendance financière des jeunes, afin de ne pas les rendre dépendants de l’aide d’état.
La garantie pour la jeunesse, semble une bonne idée : Rapport excellent.
Rapti (S&D) : Remercie la rapporteuse pour l’excellent rapport. Elle affirme que le rapport est publié par la bonne personne en Europe, car proposée par Emilie TURÜNEN (S&D - DK) benjamine du PE, de surcroit danoise, pays qui a le mieux amélioré la situation des jeunes ces dernières années.
« Il faut prévenir avant de guérir, et concentrer les fonds sur l’éducation, et la vie scolaire, afin d’éviter les problèmes en aval ».
Question aux experts : Faut-il former dans les domaines nécessaires à notre société ? Les stages constituent une aspirine contre le chômage, mais comme la formation professionnelle doivent être rémunérés !
(S&D - DE) : Nous avons au parlement la possibilité d’embaucher des stagiaires qui travaillent gratuitement ! Nous les députés nous devons offre des stages bien rémunérés. Et c’est stagiaires ne doivent pas remplacer un poste d’assistant ! Il faut créer des conditions cadres satisfaisantes ! Je lance un appel à mes collègues sur ce sujet.
Elisabeth - Morin (PPE-FR) : Est-ce que l’on souhaite garder les jeunes à l’école pour les garder, ou au contraire les former vers les diplômes qui leurs ouvrent les portent du marché du travail européen.
Masse de jeunes sans qualification, en Europe. Il faut créer une individualisation, en conjuguant les formateurs (enseignants, etc…) avec les réseaux extérieurs.
Je voudrais vous rappeler que les jeunes, ont du mal à trouver des places en alternances, des stages, etc. … C’est une immense difficulté. Il faut que pour le stage, une fois trouvé, un vrai tuteur, un maitre de stage dans l’entreprise qui apporte un réel plus.
ADLE - UK : Cette discussion est intéressante, mais elle concerne surtout des mesures obligatoires. En obligeants les jeunes a rester à l’école, cela permet d’alléger les chiffres du chômage dans nos pays.
Si y’a pas d’emploi, des étudiants surqualifiés, vont finir par vendre des « big mac au mc donalds ». Il faut concentrer notre réflexion sur la partie offre de l‘emploi.
Faut-il dépenser plus d’argent public ou faut il stimuler l’économie ? Il faut stimuler l’économie par moins d’impôts, moins de réglementation, c’est ce qui permettra plus d’emploi. Il ne faut pas subventionner les employeurs pour prendre des apprentis !
Thomas Man (PPE-DE) : En Allemagne, une expérience, montre qu’en petit groupe la formation est meilleure. Pour ceux qui n’ont pas d’emplois, reçoivent pendant un mois, une formation professionnelle et une formation à l’école. Ces jeunes ont un sentiment de progrès et d’utilité. Nous devons investir en amont ! Oui cela coute de l’argent ! Mais en quoi voulons nous investir ? C’est un vrai modèle de société que nous devons déterminer. C’est une base sur laquelle nous devons construire.
A. Cercas (S&D) : La variable très importante, c’est la formation. Dans mon pays, nous avons beaucoup de formations, mais elles ne répondent pas aux besoins du marché. Nous avons très peu de formation professionnelle. Socialement, ils ne peuvent pas accéder aux emplois. Les jeunes est un groupe fragile. Alors attention, agissons en amont, et ne pas avoir de brèches, y compris ici au parlement européen qui autorisent des brèches sur le sujet.
E. Turünen (S&D - DK) [Rapporteure] : Merci aux intervenants d’être venus, et d’avoir donné des présentations brillantes. Il est important de faire une différence entre apprentissage, et les stages. Il y a une vraie différence de contenu. On voit souvent des stagiaires occuper des postes qui peuvent être occupés par de vrais diplômés.

Réponses des intervenants :
En moyenne, si vous avez plus d’éducation, vous avez plus de chance de trouver un job, même chose, pour la formation. Il faut appuyer sur une politique, locale. Une macro politique, pour toucher les entreprises et les jeunes candidats au plus près, et être plus efficace.
Forcer les employeurs à avoir des apprentis, c’est idiot. Il faudrait faire en sorte que les jeunes aient une bonne éducation, et trouver, ensuite, un poste d’apprenti approprié. Pour cela, il faut une bien meilleure information. C’est à l’école de jouer son rôle, à savoir mettre en relation l’employeur et les élèves.
Deux remarques en réaction : Certes il faut agir au niveau local, mais aussi au niveau européen, en créant des transferts, pour les régions sinistrées par la crise, par exemple. Seules les entreprises qui peuvent recevoir des subventions, doivent être les entreprises qui ont des débouchés d’avenir. Sinon, le financement de l’apprentissage se fait bêtement, puisque les jeunes formés dans une filière sans débouché ne trouveront pas non plus de débouchés.
En second point, il ajoute que le stage est un complément de formation qui ne remplacera jamais l’apprentissage.
PARTENAIRES SOCIAUX :
Selon la CES, le droit à un CDI doit être la norme. Les jeunes sont dépendants vis-à-vis de l’état, des parents, des grands-parents. Difficultés d’accès au logement, etc. Quel message de la CES dans ce contexte ?
3 points : Sécurité, stabilité, et… de l’emploi des jeunes.
Dans ce contexte, la « flexisécurité » semble très risquée, et inadaptée. La flexibilité est imposée de manière unilatérale aujourd’hui. Il faut donc rééquilibrer. Une formation adaptée et un diplôme restent aujourd’hui un rempart contre la précarité.
Mais le jeune doit être mieux orienté, sur les débouchés des filières qui l’intéressent. Des mesures doivent êtres mises en place pour lutter contre l’abandon de la scolarité.
La CES réclame une Youth Garantie : des mesures favorisant l’embauche des jeunes - projet qui sera abordé lors de la conférence des Syndicats Européens à Madrid, en avril prochain.
Parier sur la jeunesse européenne est une excellente chose, pour l’avenir de l’Europe.
Pascale Gruny (PPE-FR) : Les enfants en échec scolaire, doivent être sortis le plus vite possible du système scolaire, mais souvent ils refusent toute formation. Comment améliorer l’orientation des jeunes ? Comment rapprocher le monde de l’éducation, de celui de l’entreprise ?
Le problème des jeunes, c’est que personne ne souhaite engager un jeune diplômé. Le problème que la période de transition entre la sortie d’étude et la vie professionnelle, est de plus en plus complexe.
Il faut donc améliorer les systèmes de débouchés, pour que les jeunes talents puissent entrer dans le marché du travail.
Nadja Hisch (ALDE - DE) : On a des projets qui sont lancés à tout va, a droite et à gauche en Europe pour aider les jeunes à s’orienter, mais rien n’est concerté au niveau européen. C’est un défi pour l’avenir ! Le vrai problème c’est les jeunes déjà formés. Certains n’ont jamais eu un vrai
En Allemagne, nous avons une loi protégeant la jeunesse : les jeunes ne peuvent travailler après 22 h le soir! Un jeune en formation restauration ne peut travailler dans un restaurant parce qu’ils ne peuvent travailler le soir !
Les connaissances acquises, il faut les valoriser.il faut par exemple valoriser les engagements au sein des ONG, et par exemple de reconnaitre dans la cadre universitaires, ces acquis, qui sont indéniablement importants.
Génération Précaire : La différence entre le discours et la réalité, c’est dingue. Notion de génération Y « années 70/80 ».
La loi est discriminante en France, le RSA = 25 ans minimum.
800 000 a 1 200 000 stagiaires l’an dernier. Si le stage fait plus de deux mois, un tiers du SMIC, soit la moitié du seuil de pauvreté.
1,2 millions de personnes qui travaillent en entreprise, alors que la France est endettée, ces jeunes ne cotisent pas, des jeunes qui ne paient pas d’impôts, ils se nourrissent mal, donc avoir des problèmes de santé, donc ils vont couter cher.
Mme TURUNEN, a eu une idée géniale. Stage et apprentissage sont liés. Un stagiaire ne coute rien, vis-à-vis d’un apprenti, qui déjà ne coute pas grand-chose. On ne peut pas parler de la voie de l’apprentissage, sans parler du stage.
Il faut détruire le stage, comme il existe aujourd’hui. Allez sur Google, regardez les offres de stage, il faut être diplômé, et avoir une formation avant même le stage !
On ne peut pas priver les jeunes, d’un statut réel, de protection sociale, et de l’accès au travail !
On s’est plutôt bien remis de l’abolition de l’esclavage ! Alors créons une Europe sans stages !
Pour l’apprentissage, les entreprises peuvent vraiment jouer un rôle social. En France, certains bureaux d’analyse sont en rapport avec les écoles, qui étudient les débouchés. Cette démarche amène les jeunes de façon certaine vers l’emploi.
Karima Delli (Verts/ALE) : Il faut encadrer les stages, et harmoniser cela au niveau européen. La jeunesse est discriminée, Il n’y a pas de statut social de l’étudiant. Je tiens à rappeler ici les conditions de travail des jeunes : faible salaires à compétences égales, et conditions de travail déplorables, pour répondre aux objectifs des entreprises totalement absurdes.
Dans cette commission EMPL, il faut débattre sur le revenu de solidarité, non pas à la française, mais bien européen, avec un revenu minimum pour tous. Il n’est plus acceptable d’attendre au moins 25 ans pour obtenir un « bien être social ».
Prise de parole par groupes politiques
S&D : Nous aurons le temps de déposer nos amendements, d’ici le 31 mars. Je voulais faire une suggestion à notre Rapporteure. Je ne pense pas que le « salaire minimum » empêche un jeune d’avoir une vie adulte indépendante. Ce n'est pas l’aide qui lui permet d’avoir une vie adulte ! Ici l’on attaque les rares possibilités des difficultés du marché de l’emploi ! J’ai écouté les jeunes avec beaucoup d’attention. Un rapporteur danois, ravi de la « flexisécurité », ca ne choque personne : Mais en Espagne, ca ne passe pas comme ca ! On ne peut pas greffer le modèle danois dans tous les pays !
Nous avons besoin d’une force européenne, qui appuie la création des emplois, avec un vrai modèle de protection sociale.
ALDE (Nadja Hisch) : Notre force est très limitée sur le sujet des stages. Les stagiaires doivent être considérés, en formation. Si le stage se prolonge, c’est alors un salarié ! Et il devrait avoir une place différente dans l’entreprise! Le chômage des jeunes à des répercussions même sur la retraite. Les années de formations ne sont pas prises en compte pour le calcul de la retraire, tout comme le chômage ! Ce sont des éléments qui comptent ! Nous déposerons des amendements dans ce sens.
GUE/NGL : Je demande à la rapporteur de bien vouloir nous laisser vos documents pour préparer de quoi alimenter et améliorer votre rapport.
En conclusion :
E. Turünen (S&D - DK) : La sécurité, il y a un manque d’équilibre entre flexibilité et sécurité. Il faut améliorer le lien entre les deux. Dans le rapport, il faut souligner la différence entre stage et apprentissage. Je déposerai des amendements en ce sens.
Cela a été dit, nous ne disposons pas de beaucoup de compétences, mais la jeunesse c’est un pb important. Au sein de cette commission, il me semble, et j’assume la responsabilité, nous devons définir le niveau européen, dans ce rapport, dans la stratégie EU2020 etc., et notre mission, c’est d’aboutir à une meilleure définition, et d’amélioration des programmes communautaires.



Et aussi, sur le même thème
< >

Lundi 20 Février 2012 - 17:29 Pologne : prochaine locomotive européenne ?










Inscription à la newsletter



S'identifier
 



Les + du mois

Politique Agricole Commune: soutenir une vraie réforme à l'horizon 2020

15/05/2012 - Samuel Féret, sociologue et membre du "Groupe de Bruges"

La Capitale vue par une jeune belge

09/05/2012 - Angelo Tino

The Brussels Business : les lobbys dirigent-ils l'Union européenne ?

09/05/2012 - Rémi Praud et Anne-Sophie Michel










S'identifier


S'inscrire