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Mardi 23 Février 2010

Analyses

Les retours forcés vers le Kosovo doivent cesser

Le Commissaire du Conseil de l’Europe pour les droits de la personne, Thomas Hammarberg demande qu’un terme soit mis aux rapatriements forcés vers le Kosovo des immigrants qui ont trouvé refuge dans les pays d’Europe occidentale.

Par Erwan Quinio


Les retours forcés vers le Kosovo doivent cesser
Cette déclaration de Thomas Hammarberg intervient suite à deux visites effectuées en dix mois dans les camps Rroms de Cesmin et Osterode contaminés au plomb, situés au nord du Kosovo.

« Que ces deux camps continuent à être habités depuis une dizaine d’années est un véritable scandale. La communauté internationale a une large part de responsabilité dans cette situation. Les 600 habitants qui vivent là ont un besoin urgent de logements neufs et salubres pour que le camp ferme. Tous ont un urgent besoin de soins médicaux »

Les camps avaient été mis en place par le HCR, comme solution temporaire après l’incendie de la Mahalla rrom, sur la rive sud de la rivière Ibar par des Albanais, à la fin du conflit au Kosovo en 1999.

En dépit de multiples appels à la fermeture de ces camps et de nombreuses enquêtes sur l’environnement lourdement contaminé par le plomb, les camps sont toujours habités, bien que le gouvernement du Kosovo et de nombreuses ONG essaient de reloger les 600 Rroms qui y vivent.

Thomas Hammarberg a aussi exprimé son inquiétude à l’égard de la politique du retour forcé pratiqué par plusieurs gouvernements européens.

Selon des statistiques de l’Onu, plus de 2500 personnes accueillies dans des pays occidentaux sont rentrées au Kosovo en 2009. Certains de ces réfugiés Rroms sont venus vivre dans ces camps contaminés au plomb. Ils viennent principalement d’Autriche, d’Allemagne, de Suède et de Suisse.

« Je demande aux États européens de mettre fin à ces retours forcés jusqu’à ce que le Kosovo soit capable de fournir un logement décent, des soins médicaux, l’accès à l’éducation pour les enfants, des services sociaux et des emplois à ces gens ».

Le Kosovo a déjà signé des accords de rapatriement avec plusieurs pays, mais le Conseil de l’Europe estime qu’avec 20.000 personnes déplacées et un taux de chômage proche de 50%, le retour au Kosovo est prématuré.

« Un grand nombre de ces réfugiés vivent dans leur pays d’accueil depuis des années, leurs enfants sont nés là-bas, ils parlent la langue couramment et n’ont pas de lien avec le Kosovo. En conséquence, beaucoup de ces réfugiés reviennent dans le pays qui les a accueillis le plus vite possible ».


Courrier des Balkans
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