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Dimanche 5 Février 2012

Entretiens

Santiago Fisas Ayxela : "le monde du sport demande à l’Europe de prendre des mesures"

Depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, le Sport est désormais une compétence de l'Union européenne. Pourtant les domaines d'action sont encore un peu flou et le financement minimal. Santiago Fisas Ayxela, député européen espagnol (PPE), en charge du dossier, a accepté de répondre à nos questions.

Par Rémi Praud


© Parlement européen, 2012.
© Parlement européen, 2012.
Le Sport est une compétence de l'Union européenne depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. En quoi l’UE a une valeur ajoutée dans ce domaine ?
En tous les cas, la subsidiarité s’applique, et dans le domaine du sport ce sont les Etats membres et les fédérations qui sont compétentes. Mais il est vrai que dans certains domaines, le monde du sport demande à l’Europe de prendre des mesures, comme, par exemple, dans le cadre de la lutte contre le trafic de produits dopants, en faisant de la fraude sportive un délit, sur la protection des mineurs, en contrôlant les activités des agents sportifs etc.

Que pensez-vous de l'annonce faite par la Commission européenne de créer un programme Sport, dans le cadre du programme "Erasmus pour tous" et de le doter de 30 millions d'euros? Quelles sont les actions que l'UE devrait soutenir en priorité ?
Selon moi, le terme “Erasmus” devrait continuer à être utilisé comme jusqu’à aujourd’hui : pour les échanges de jeunes. Je crois que cet argent pour le sport devrait être utilisé pour soutenir l’organisation de la Journée Européenne du Sport, pour les Capitales Européennes du Sport, la protection des sports traditionnels, etc. Je pense qu’il est très important de pouvoir utiliser les fonds structurels pour des projets sportifs, car le montant le plus élevé de fonds que nous pouvons mobiliser pour des infrastructures sportives se trouve dans les fonds structurels.

Comment s'organise la coopération sur les questions de Sport avec le Conseil de l'Europe, très actif sur ces questions ? N'y a t il pas risque de doublon, si chacun veut s'arc bouter sur ses prérogatives au lieu de travailler en commun ? De même quelles sont les relations avec les instances sportives telles que le CIO, l’UEFA etc.
Je crois fermement à la coopération entre institutions, chacune d’elles ayant ses propres compétences, et il est bien sûr très important de maintenir un dialogue étroit avec ces institutions comme l’UEFA, les comités olympiques, les associations de sportifs, etc.

Sur des grands sujets comme le dopage, le racisme, la violence dans les stades, l’impact social du Sport, est-ce que l’UE est prête à s’engager et aura les moyens de le faire ?
C’est sur ces sujets que vous mentionnez que l’UE devrait être impliquée, en créant par exemple une base de donnée européenne afin de partager des informations et améliorer la coopération, en soulignant l’impact social du sport et son importance pour la santé et pour l’intégration sociale et, surtout, en demandant aux Etats membres d’adapter leur législation et, si nécessaire, de créer les mêmes délits pour le trafic de produits dopants que pour les drogues. Comme je l’ai déjà dit, faire de la fraude sportive un délit pour combattre les paris illégaux est aussi très important.

Le Sport est souvent décrit comme un facteur fédérateur dans une société. En ces temps de crise, alors que certains sportifs touchent des salaires indécents, que des intérêts financiers démesurés entrent en ligne de compte, est-ce que l’Union n’aurait pas intérêt à réguler les choses dans ce domaine ?
Nous vivons dans une économie de marché et il est difficile de fixer des limites aux salaires. Je crois à la transparence financière des clubs, des agents et des sportifs, et les Etats membres devraient prendre des mesures correspondantes (via des taxes) en ce sens. En tous les cas, le Parlement européen a confié à Jean-Luc Dehaene une étude sur le financement des gros clubs.



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